La pire crise économique depuis 1877 relance le combat syndical malgré la répression, et fait aboutir un vieux projet d’Eugenes V.
Debs : un syndicat regroupant tous les métiers du rail, l’American Railway Union (ARU), dans un secteur pourtant soumis à l’aristocratie ouvrière et au corporatisme le plus étroit. Debs voit en un an se rallier plus de 150 000 travailleurs du rail, dépassant l’effectif des corporations et rivalisant avec l’ensemble des syndicats du rail affiliés à l’AFL. L’ARU prendra la tête de la grève Pullman en 1894, impliquant 250 000 grévistes. L’intervention de la troupe à Chicago fera 13 victimes, provoquant l’arrestation de la direction de l’ARU et signant la mort du syndicat.
— La même année voit la création, sur le même principe, de la Western Federation of Miners (WFM), dans les mines des Rocheuses. Le syndicat se fait rapidement une réputation de violence, qui est en réalité à la mesure des conditions de travail et de la répression patronale. Affilié à l’AFL en 1896, il en claquera la porte l’année suivante pour créer en 1898 une centrale nationale, le Western Labor Union (qui deviendra l’American Labor Union en 1902), destinée à supplanter le syndicalisme corporatif d’affaires par le syndicalisme industriel. Après l’arrestation de ses principaux responsables, suite à la création de l’IWW, une tendance réformiste s’imposera, qui l’entraînera de nouveau vers l’AFL.